articleBilan concerts 2019

Cher public, cette année nous avons fêté le trentième anniversaire des Nuits Musicales de Corps.
30 ans ! Oui, cela fait trente ans que la musique, chaque été, règne sur notre  beau village.
Aussi, nous exprimons toute notre reconnaissance à l’égard de tous ceux, qui de près ou de loin, ont contribué au succès de cet évènement.
Trente année de musique ! Voilà un très bel anniversaire. C’est pourquoi, à l’occasion du premier concert, et avec beaucoup d’émotion, nous avons voulu rendre hommage et applaudir le fondateur du festival, Monsieur  Gérard Cardin, ici présent, qui un jour d’été 1989, sur un coup de cœur, avec conviction et passion, a lancé l’aventure qui se perpétue depuis.
 
  1. QUATUOR DEBUSSY 

Le jeudi 1er août, en ouverture de cette trentième édition, nous avons retrouvé avec beaucoup de plaisir le Quatuor Debussy, bien connu des habitués du festival.
En première partie du concert, les musiciens ont interprété 6 Préludes de Debussy extraits des 24 Préludes pour piano.
Considérés comme un sommet de la musique, riches sur le plan expressif, les Préludes résument une écriture qui a révolutionné le langage musical du XXe siècle. La variété des structures correspond à celles des climats poétiques ; on y trouve :
  • Des paysages : Bruyères,
  Des pas sur la neige
  • Des clowns : Minstrels
  • Une silhouette un peu irréelle : la fille aux cheveux de lin
  • L’humour parodique anglo-saxon qui se manifeste avec une verve mordante dans l’Hommage à Samuel Pickwick.
  • Quant au prélude Les tierces alternées, il part d’un prétexte purement musical et abstrait.
Le jeu debussyste est tout en souplesse, caresse, presque toujours en demi-teinte, mais avec une sonorité pleine et intense, sans aucune dureté. Lorsque Schumann s’écrie : « Je voudrais faire éclater mon piano ! » Debussy recommande seulement à voix basse : « Laissez-le parler ! ».
Lorsqu’il compose son quatuor « La Jeune fille et la Mort », Schubert a 27 ans et il est très malade. Il n’a plus que quatre années à vivre. Il choisi le ton funèbre de ré mineur, celui du Requiem de Mozart, et puise son inspiration de sa souffrance, pour nous livrer une musique d’une rare profondeur.
Ce Quatuor, qui à notre époque fascine le monde entier et qui appartient aux plus extraordinaires créations de son genre, suscita l’incompréhension générale. Lors d’une audition privée, le premier violon du célèbre Quatuor Schuppanziqh, admirable interprète de ses contemporains, et en particulier Haydn, Beethoven, mais aussi Schubert, fit remarquer à ce dernier : « frérot, laisse tomber ; restes-en à tes lieder ! », ce après quoi, Schubert ramassa ses partitions, sans un mot, et les relégua pour toujours dans un tiroir.
 
 
  1. QUATUOR ELLIPSOS 

Très applaudi lors de leur venue au festival 2017, nous avons accueilli à nouveau le samedi 3 août le Quatuor Ellipsos, un quatuor qui défend le saxophone au plus haut niveau international.
A la fois virtuoses, colorés et envoûtants, les saxophones de différents registres (soprano, alto, ténor et baryton) se révèlent être des instruments particulièrement polyvalents au service d’un répertoire inventif et étonnamment riche.
Avec leur programme « Amérique du Nord au Sud », les Ellipsos nous ont fait entendre quelques une des plus belles pages de la musique, au travers d’adaptations lumineuses.
De la musique de chambre au gospel, ces musiciens de grand talent nous ont invité dans un univers musical empreint des couleurs de l’Amérique, pour nous faire découvrir le saxophone teinté de blues. Ce sera Harlem et sa culture afro-américaine, Buenos-Aires, son tango et son folklore, La Havane et ses danses envoûtantes, Rio de Janeiro, la samba et la fête, enfin Broadway et la comédie musicales.
 
  1. LA PETITE SYMPHONIE

La Petite Symphonie que nous avons accueillie cette année, le dimanche 4 août à Mens, est une formation chambriste à géométrie variable, composée de musiciens spécialistes du jeu sur instruments anciens.
Emmenée avec une sensibilité exceptionnelle par Daniel Isoir, la Petite Symphonie met en valeur le pianoforte, ce fabuleux instrument qui a succédé progressivement au clavecin grâce à ses possibilités expressives. Sa palette de couleurs et son timbre chaleureux lui permette de conduire un équilibre idéal entre les différents instruments.
Pour ce concert, La Petite Symphonie était en trio. Avec Séverine Isoir à la flûte, Claire Gratton au violoncelle et Daniel Isoir au pianoforte, c’est presque un siècle de musique qu’elle a parcouru avec notamment trois membres de la famille Bach. La Petite Symphonie a interprété également une des grandes sonates pour violoncelle de Beethoven et un des trios avec flûte de Haydn, merveille d’équilibre, de fantaisie et d’humour.
 
  1. PIANO À 4 MAINS



Le lundi 5 août, Jacqueline Barbe et Hugues de Nolly ont évoqué l’enfance, sa musique et sa poésie, avec trois chefs-œuvres de la musique française pour piano à quatre mains. Chacun avec son style propre et ses couleurs particulières, Fauré, Ravel et Debussy ont su porter un regard émerveillé sur le monde de l’enfance. Dans leurs œuvres pour piano à quatre mains dédiées à l’univers enfantin, ils transportent l’auditeur dans le pays du rêve et de la poésie.
Les six pièces constituant la Suite Dolly de Gabriel Fauré furent inspirées par Hélène Bardac, fille d’une cantatrice amie du compositeur. Née en 1892, la demoiselle était surnommée « Dolly » (petite poupée) à cause de sa silhouette menue et délicate. Les numéros, pour la plupart écris pour son anniversaire ou le Nouvel An, reflètent le monde de l’enfant grandissant, de la Berceuse au Pas espagnol, une danse pleine de tempérament.
Maurice Ravel aimait beaucoup les enfants. Les jeux des petits lui étaient aussi chers que les chats et les colombes. Fréquemment convié par les Godebski, il fut également l’ami de leurs enfants, Jean et Marie, dite Mimie. Le frère et sa sœur jouaient bien du piano. Ravel leur offrit une partition pour le piano à 4 mains, Ma Mère l’Oye.
Pour évoquer le monde des rêves de l’enfance, comment ne pas chercher l’inspiration dans le domaine des contes, de cet imaginaire dont Charles Perrault, la Comtesse d’Aulnoy ou encore Mme Leprince de Beaumont ont donné la matière et les couleurs.
Ce programme, consacré à l’univers des enfants, s’est terminé avec des musiques qui leur empruntent leurs jouets.
 Nous sommes à l’automne 1871, Georges Bizet apprend qu’il va être Papa d’un petit Jacques, qui naît quelques mois plus tard. Il compose alors Jeux d’enfants, douze pièces pour piano à quatre mains inspirées des jeux à la mode de l’époque : la toupie, colin-maillard, les petits chevaux de bois, la poupée…
C’est la première fois en France que l’on évoque l’enfance en musique.
« Musique pour enfants ! », qui convient aussi parfaitement aux adultes.
 
  1. TROMPETTE ET PIANO

Pour notre immense bonheur, nous avons accueilli, le mercredi 7 août, deux des plus grands artistes français de la même génération, le trompettiste Romain Leleu et le pianiste François Dumont.
Considéré comme l’un des plus talentueux trompettiste du moment, Romain Leleu parcourt le monde en développant un jeu alliant virtuosité, musicalité et élégance, et enchante les territoires de la musique classique, savante ou populaire, du baroque au contemporain avec un instrument dont il est l’un des plus brillants représentants.
François Dumont est l’un des pianistes français les plus chéris des scènes internationales. Grand technicien du piano, il impose surtout une parfaite compréhension de chaque œuvre abordée dont il extrait immanquablement la poésie. Sa musicalité généreuse et subtile en fait un partenaire de musique de chambre particulièrement apprécié.
Pour ce concert, les deux musiciens avaient construit un programme de haute voltige, tout en agilité,  pour nous offrir un florilège d’œuvres virtuoses et chatoyantes.
L’originalité de leur programme, dans lequel se sont côtoyés Chopin, Puccini, Gershwin, Debussy et bien d’autres, a témoigné de la grande diversité des styles et des genres abordés.
Un répertoire impressionnant dans une interprétation fraîche et moderne.
 
  1. ORCHESTRE DE CHAMBRE NOUVELLE EUROPE



C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons retrouvé, le vendredi 9 août, Nicolas Krauze et les solistes de l’Orchestre de chambre Nouvelle Europe.
C’est une belle et longue amitié qui unit cet orchestre aux Nuits Musicales, une amitié toujours vivante et dynamique, qui dure depuis dix ans. Pour cette soirée où le violon était mis à l’honneur, en nous offrant un programme tout en contrastes et couleurs, Nicolas n’a cessé de nous émerveiller.
Roi de l’orchestre, instrument virtuose par excellence, le violon reste, avec le piano, l’instrument de prédilection des compositeurs de concertos. Vivaldi a fait triompher le concerto de violon avec éclat. Dans son Concerto pour 4 violons, la belle pureté des lignes mélodiques, la présence délicate des autres instruments, tout contribue à nous faire percevoir cette Venise, pour un temps cité de la virtuosité du violon, dans laquelle le « Prêtre roux » n’hésitait pas à offrir à son immense talent des œuvres purs instants de plaisir.
Mozart a 19 ans lorsqu’il écrit avec une aisance, une sûreté, une perfection merveilleuse, le plus célèbre et le plus achevé de ses concertos pour violon, le Concerto K. 219. Ici, Mozart ne s’inspire que de son émotion poétique. Les possibilités de l’instrument soliste sont exploitées au maximum, mais toujours sans virtuosité inutile. Son lyrisme et sa beauté mélodique, magnifiés par les sonorités de l’instrument, avec une participation dialoguante de l’orchestre, ne peuvent qu’éblouir l’auditeur.
Et par dessus tout cela, comment définir le charme souverain de jeunesse, de frais et délicat enthousiasme amoureux qui s’exhale de chacun des trois mouvements de ce cinquième et dernier concerto de violon de Mozart ?
 
Tchaïkovski est le plus romantique des compositeurs russes.
Après la création triomphale de son ballet  La Belle au bois dormant  à Saint Pétersbourg, il partit aussitôt après pour la capitale toscane où il composa  Souvenir de Florence, une œuvre pleine de clarté et de fraîcheur.
Dans une lettre à sa mécène, Nadedja von Meck, le compositeur écrira : « j’espère vraiment que cette musique vous plaira, je l’ai écrite avec un enthousiasme et un plaisir extrêmes, sans le moindre effort ».
 
  1. QUINTETTE MORAGUÈS


A l’orée des années 1980, les frères Moraguès (Michel, flûtiste ; Pascal, clarinettiste et Pierre, corniste) entraînèrent le hautboïste David Walter et le bassoniste Giorgio Mandolesi dans l’aventure du quintette à vent.
La belle complicité de longue date des musiciens, ainsi que la richesse et la complexité de leurs timbres, ont façonné cet ensemble très précieux.
Chaque membre du quintette Moraguès est soliste à l’Orchestre National de France et professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris.
Au programme de ce dimanche 11 août :
Hummel, Haydn…
                                  et d’autres surprises !
Grâce à la qualité des adaptations de David Walter, hautboïste de l’ensemble, le Quintette Moraguès a pu diversifier son répertoire et enrichir considérablement la littérature de cette formation. La transcription, couramment utilisée durant des siècles d’histoire de la musique, prend ici tout son sens. À l’image du Quatuor à cordes, le Quintette à vent se hisse au rang des formations incontournables de musique de chambre.
En début de concert, nous avons découvert une œuvre de Johann Nepomuk Hummel, compositeur autrichien, élève de Mozart, ami de Beethoven, évoluant dans l’ombre des deux plus grands génies de tous les temps, Hummel est peu connu et peu joué et c’est bien dommage ! La Partita en mi bémol majeur, d’après l’octuor à vent, dans un arrangement pour quintette à vent de David Walter, est une œuvre qui s’inscrit dans la lignée de Mozart, tout en s’adaptant au goût romantique.
Ensuite, les Moraguès nous ont  interprété le Quintette en ré majeur d’après les Quatuors à cordes op. 20 n° 2 et 4 de Haydn dits « Quatuor du Soleil », dans une adaptation lumineuse de David Walter.
L’opus 20 n° 2 apparaît comme le plus romantique des « Quatuors du Soleil », en particulier par ses sonorités.
L’opus 20 n° 4 est le plus joué. Son ré majeur n’est pas synonyme de gaité pure, mais témoigne au contraire, d’un rayonnement intérieur des plus subtils.
 
  1. GUITARE ET BANDONÉON


 Le mardi 13 août, pour clôturer en beauté le festival 2019, les deux musiciens que nous avons accueillis, le guitariste Emmanuel Rossfelder et le bandéoniste argentin Victor-Hugo Villena jouissent tous les deux d’une réputation mondiale depuis de nombreuses années. Deux artistes qui ont en commun d’avoir commencé l’étude de leur instrument dès l’enfance et  vu leur talent salué très rapidement.
Reconnu comme l’un des plus talentueux bandéoniste du moment, habitué des grandes salles de concerts où il joue dans des formations multiples des répertoires diversifiés, Victor Villena a toujours émerveillé le public.
Considéré comme l’un des plus grands guitaristes de la scène actuelle, Emmanuel Rossfelder transforme chacun de ses concerts en un moment d’émotion et de partage. Musicien débordant d’énergie, il a l’art de métamorphoser l’instrument à six cordes en véritable orchestre.
Ces deux virtuoses, figures respectives de leur instrument, forment un duo à la complémentarité évidente et salué partout par une critique unanime. L’équilibre entre la profondeur et la densité de Victor Villena et la virtuosité et la fantaisie d’Emmanuel Rossfelder est parfait et fait merveille.
Leur programme de concert « Passions du Sud », mettant en valeur chaque facette de leur instrument et permettant de découvrir de nouvelles sonorités, a proposé un voyage musical envoûtant.
Au cours de leur récital, nous avons pu entendre des tangos, traditionnels et contemporains, quelques œuvres pour bandonéon et guitare solos et des transcriptions de grands classiques,  de Villa-Lobos, Piazzolla ou encore Manuel De Falla.










 
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